Avant de s'enquérir d'une préférence qui malgré un semblant de choix serait inévitablement arbitraire et dictée par une défaillance humaine soi-disant idéologique mais intrinsèquement hormonale, il serait de bon aloi de mettre les choses à plat dans l'ordre.
Commençons donc par là où il faut commencer et intéressons nous à l'origine du mocassin à glands : le chêne.
Arbre le plus répandu dans nos contrées, devant le pin, le chêne rend sage et juste, comme en attestent les expériences ombragées de notre bon Saint Louis.
J'en vois déjà qui grommellent dans les rangs du fond. Vous vous préparez sans doute à interjeter, avec une légitimité dont l'approximation n'a d'égale que l'acrimonie, qu'il n'est pas formellement prouvé, ni formellement prouvable, que le chêne soit l'origine du gland. Du gland ou du chêne, lequel est apparu le premier ? Le mocassin, serais-je tenté de répondre ; mais cela ne servirait guère mes intérêts.
Qui a inventé le mocassin à glands et pourquoi ? Voilà la question fondatrice dont la réponse nous permettrait de trancher aussi bien que ledit Louis IX dit Saint Louis rendait la Justice, que diantre.
Était-ce un facétieux humoriste reconverti dans la cordonnerie à l'insu de son plein gré et qui tenta de se venger de sa malédiction en inventant cette atrocité qui ne dit pas son nom ?
Ou un austère disciple de Sigmund Freud qui tenta de rationaliser l'éthique en ayant recours au point Godwin de la dialectique : le calembour ? Le moc-à-seins à glands est on ne peut plus freudien et sous-tend bien toute la complexité de la non-pensée de Mickael Rousseau en train de se faire troller par son lapin nain sous un coin de table d'un bowling mal famé de Provins (78).
Mais la réalité est en fait bien plus simple : il s'agirait d'un prototype complètement raté du pneu-neige. Un amalgame abstrus a fait glisser la chaîne du pneu au chêne du gland. Et le mocassins à glands fut, pour le meilleur et pour le pire. Et surtout pour le pire.
Oui mais alors, pour ou contre ?
Car telle était la question initiale, n'est-ce pas. Quarante-deux, serais-je tenté de répondre, mais cela ne servirait que moyennement mes intérêts.
Qui sommes-nous pour juger de la validité de cet artéfact mystérieux aux origines controversées, hein ? On ne va pas commencer à se prendre pour Dieu, à lancer aveuglément des « pour » et des « contre », même si chacun d'entre nous a l'intime conviction que la soupe à l'oignon est et sera toujours intrinsèquement supérieure à la barre de Mars frite dans l'huile.
Mais comment le démontrer sans sombrer dans le piège du déni culturel et ainsi provoquer l'assènement de l'opprobre sur sa famille pendant 95 générations ?
Personnellement, je préfère me tenir coi car la simple existence du mocassin à glands dépasse largement la mesure de mon entendement, et on ne peut juger ce que l'on ne comprend pas.
Je vais donc humblement retourner au comptoir, prendre une pinte de brune et attendre patiemment que le barman vienne remplir ma coupelle de cacahuètes ; en constatant que cela sert parfaitement mes intérêts.
Pourquoi la Terre est-elle ronde ? Pourquoi le ciel est-il bleu ? La vie existe-t-elle sur d'autres planètes ? Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route ? Qui est apparu le premier : l'intestin ou le ver solitaire ? Où est l'hydroponique ?
Le genre de questionnement philosophico-introspectif qui peut aider les plus inexpérimentés d'entre nous à bien gérer la sortie de l'enfance, où à définitivement passer pour un branleur autosatisfait ; quoique contrairement à ce que certaines légendes anciennes prétendent, cela ne soit pas tout à fait incompatible.
Je vous entends déjà protester. « Quoi ! », objectez-vous avec la véhémence offuscatoire qui s'accorde si bien à votre tient de pêche, « auriez-vous l'impertinence d'insinuer que l'on puisse être à la fois un branleur autosatisfait et un adulte accompli ? »
Je vous répondrai simplement que si ce n'était pas le cas, on devrait déconsidérer 90 % des hommes politiques.
Ce point crucial ayant été éclairci, poursuivons donc nos recherches. Dans son Traité sapiencique des plantes médicinales qui font rire, René Descartes nous dit en substance et en 1648 que l'hydroponique n'existe pas. Étant donné les circonstances, on peut difficilement lui donner tort.
Il propose plaisamment de remplacer l'introuvable plante en léchant un crapaud farceur à trompe rose d'Amazonie centrale. Certaines mauvaises langues (c'est le cas de le dire) argueront probablement que, malgré tout ce qu'on voudra, le crapaud n'est pas une plante médicinale – et le bon sens leur rappellera simplement qu'à l'heure où il écrivait ces lignes, le pauvre homme n'était déjà plus en état de faire la différence.
Selon une autre théorie, l'hydroponique serait en fait localisée au même endroit qu'Ornicar, ce fameux individu aussi bien caché que le serait l'hypothétique rejeton de Carmen Sandiego et de Charlie, l'homme au bonnet rayé. Mais quel est cet endroit ?
Les hypothèses sont multiples.
La plus populaire et communément admise est que cet endroit serait n'importe où.
Mais pas forcément au sens où on l'entend spontanément : il s'agirait plutôt d'un endroit précis dont les coordonnées auraient été définies aléatoirement par un joueur de 421 ivre mort ignorant totalement qu'il était un dieu créateur.
Cet endroit est probablement situé dans un plan de l'Univers obéissant aux lois d'une géométrie non-euclidienne – le genre de plan défini par l'assertion « par deux points distincts, il ne peut passer aucune droite » ou encore « par deux points, il passe une infinité de droites distinctes » ; le genre de chose qu'il sera ontologiquement plus aisé d'expliquer à une personne ayant au préalable léché un crapaud d'Amazonie centrale qu'à l'auditeur lambda qui risque fort de vous envoyer une voie de fait sous le nez en s'exclamant « tiens, en voilà, une droite ! ».
Avouez que ce serait fâcheux.
Oui mais, droite des finances ou droite des valeurs ? La question mérite amplement d'être posée.
On a demandé à l'éminent théoricien Alain de Benoist ce qu'il en pensait.
Il répondit à notre grande surprise qu'il n'avait pas assez consommé d'hydroponique pour pouvoir répondre efficacement à notre question.
Il se tourna vers moi, me regarda dans le blanc des yeux et demanda : « Où est l'hydroponique ? »
Alors, la réponse est que le cercle n'a pas de commencement.
Aujourd'hui nous allons parler d'un métier méconnu mais néanmoins ostentatoire : le métier de lanceur de café en brique.
Le métier de lanceur de café en brique est apparu au Moyen-Âge, dans la ville connue aujourd'hui sous le nom de Marseille mais qui s'appelait encore à l'époque de son nom de jeune fille, c'est-à-dire « Pustain-mais-vastoi-faire-enculer ».
Il faut savoir que le café en brique n'avait point encore été inventé, ce qui aux premiers temps rendait l'exécution de ce sémillant métier des plus difficiles.
Les pratiquants originels durent en effet rivaliser d'ingéniosité pour pallier l'absence de l'exécutable denrée : contrairement aux ressources matérielles, les idées, elles, ne venaient point à manquer.
On lançait du sable en brique, du charbon en brique, du pancréas de biche lyophilisé en brique, bref, tout ce qui, jeté d'un pont de quarante-deux mètres, acquiert diligemment une accélération de 9,81 m.s-² et est ainsi propre à concourir à l'évaporation du désespoir populaire. Car, oui, le lançage de café en brique donne de l'espoir, c'est là son moindre défaut, et avant tout sa fonction première, comme nous le prouve l'extrait de ce manuscrit médiéval trouvé non lors de fouilles archéologiques mais tout à fait par inadvertance lors du creusement du parking du Mammouth d'Auvers-sur-Oise, rendu mondialement célèbre par ses fameuses promotions sur les portions de 150 grammes de chou farci, mais ceci est une autre histoire :
« Soudain qu'apparut Pinocchio, défoncé à l'éther comme d'habitude. Il dit un
truc super important peut-être mais personne ne comprit rien alors tant pis. "Ah bon" répondit François Ier qui passait par là. Nos deux héros continuèrent donc leur navigation sur l'Everest et arrivèrent bientôt en Argentine. Mais
comme nous sommes au Moyen-Âge l'Amérique point encore découverte de être ne pas ! Donc ils retournèrent sur leurs pas, c'est a dire vers Calcutta. Ils achetèrent 200 kilos de café en brique
et les jetèrent sur la tête des gens, du haut d'un pont. Nos deux amis étaient désespérés ! Ils ne savaient plus que faire. Soudain René dit :
"Et si nous inventions la berline de luxe ?" Jean-François hurla "RIDICULE ! ABSURDE ! Inventons plutôt la brouette." Puis René répliqua "Stupidois ! Cela existions de déjà ! Inventons plutôt
un Elvis Presley gonflable qui clignote dans le noir !" Puis Jean-François lui lança une brique dans la tête et ils tombèrent ainsi d'accord : ils créèrent en forgeant et en potionnant, un
trousseau de clés pour ouvrir la porte du château fort où était retenue prisonnière Miraballe, la princesse de France-Beau-bien. Le Père Noël apparut devant nos deux héros et leur dit :
"Bravissimo ! Vous avates trouver l'objet de la quête périlleuse ! Z'avates plus qu'a aller dans le château et sauvates la gonzesse". Avec une démarche rappelant un mec qui descend les
escaliers avec un zouki dans le cul, le Père Noël s'en alla. René et Jean François avaient enfin une mission a accomplir ! Mais... »
Cette découverte apporte un éclairage inespéré sur les tenants et aboutissants de ce métier hélas aujourd'hui disparu, on se demande bien pourquoi.
Mais pas la peine de chercher bien loin, comme d'habitude, c'est la perfide Albion qui, avec l'invention du thé en brique et la concurrence effroyable qui s'en suivit, lui coupa l'herbe sous le pied.
Décidément, ces anglais, ils auront un jour bien des comptes à nous rendre.
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